La cuisine au Paradis.

Didier était un homme très pieux. Cet homme là n’avait jamais commis de péché de toute sa vie, c’est sûr. Un jour pourtant, Dieu le rappela à lui.

Ce jour là, ce fut Dieu en personne qui l’accueillit aux Portes du Paradis.
– Bonjour Didier, heureux de t’accueillir ici haut. Tu as fait un long chemin pour me rejoindre. Est-ce que tu as faim ?

– Je ne dis pas non, répondit Didier

A ce moment là, Dieu va chercher une boite de thon dans le garde-manger céleste, puis ils dégustent le tout avec de l’eau plate. Pendant ce vrai festin, Didier ne peut s’empêcher de jeter un œil par en bas, en Enfer. Là, il peut voir les damnés en train de se taper la cloche avec force steaks, gibiers, plats en sauce, fromages, pâtisseries, et vins exceptionnels… Mais par respect pour Dieu, il ne fait aucune remarque.

Le jour suivant, Dieu demande à nouveau à Didier s’il a faim. Une fois encore Didier lui répond qu’il mangerait volontiers un morceau.

Et là, comme la veille, Dieu va chercher une boite de thon, qu’ils partagent avec la même eau plate. Pendant ce temps là, en bas, c’est toujours le festin avec caviar, champagne, truffes, ortolans, foie gras, tout ça accompagné des meilleurs crus du Bordelais, d’Alsace et de Bourgogne.

Toujours très digne, Didier ne se manifeste pas et mange sans rien dire.

Le troisième jour, à la mi-journée, Dieu s’en va sans rien dire chercher une boite de thon. Alors avec beaucoup d’humilité, Didier lui dit :
– Seigneur, vraiment, je suis extrêmement heureux d’être ici avec toi au Paradis. Mais tu sais, je me faisais une toute autre idée de la vie ici. En particulier, je n’aurai jamais pensé que tout ce qu’il y avait à manger ici était du thon en boite, alors qu’En Bas, en Enfer, c’est festin tous les jours. Vraiment Seigneur, je ne comprends pas !
– Je sais bien, Didier, lui répond Dieu, mais j’ai vraiment pas envie de faire la cuisine pour deux personnes…

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