Le sucre, un meilleur ennemi difficile à bannir de notre alimentation

Un jus de fruits ou un petit smoothie pour le goûter des enfants ? Mieux vaut éviter et privilégier une consommation directe de fruits frais… Même si les jus renferment les mêmes nutriments, vitamines minéraux, polyphénols et antioxydants que la chair d’un fruit, la peau et la pulpe en contiennent beaucoup plus, de 4 à 6 fois plus de vitamine C par exemple. D’autre part, selon les résultats des recherches récemment publiés dans le British Medical Journal, ces douces boissons contiendraient en moyenne 7 grammes de sucre pour 100 mL et favoriseraient ainsi le diabète, l’obésité et les maladies cardiovasculaires, en hausse chez les plus jeunes.

Les smoothies sont pires que les jus de fruits, selon cette étude : les chercheurs britanniques des universités de Londres et de Liverpool ont constaté, dans certains cas, l’équivalent de 8 cuillères à café de sucre pour 20 cL de boissons. Pour en venir à ces conclusions, les scientifiques ont analysé 21 jus de fruits, 158 boissons à base de jus de fruits et 24 smoothies, tous destinés aux enfants. Avec le sel et les additifs alimentaires, le sucre est un ingrédient à éviter tant que possible, même si c’est loin d’être évident…

L’OMS préconise de ne pas dépasser 25 g par jour, soit 5 % de l’apport conseillé en calories, mais les Français en consomment quatre fois plus — et même près de six fois plus chez les 3-6 ans. Une quantité facile à atteindre puisqu’une canette de Coca contient 35 g de sucre, et une barre chocolatée une trentaine. Après tout, « le goût du sucre, source d’énergie indispensable à notre organisme, est inné chez l’humain », explique le nutritionniste Christian Rémésy, directeur de recherche à l’Inra.

Le sirop de glucose-fructose de plus en plus utilisé
Sur la centaine de grammes de glucides « simples » (appellation préférée désormais à « rapides ») ingurgités chaque jour, une moitié est apportée par le sucre présent naturellement dans les aliments ; l’autre provient du carré dans le café et des sucres ajoutés par l’industrie agro-alimentaire pour rehausser les saveurs, exalter les couleurs, modifier les textures. La réglementation européenne impose la mention de tous les sucres sur l’étiquette : en plus du saccharose (le sucre de table), du dextrose (ou glucose), du lactose, des sucres invertis, de la maltodextrine, le sirop de maïs (ou sirop de glucose-fructose) est de plus en plus apprécié par les industriels.

« Fabriqué à partir d’amidon, et trois fois moins cher que le saccharose, il possède un fort pouvoir sucrant, explique Christian Rémésy. Mais le fructose est encore moins adapté que d’autres sucres à notre physiologie : le corps l’assimile mal et le foie doit l’éliminer de la circulation en le transformant en graisses, avec le risque de troubles métaboliques. » On estime que les premières anomalies, comme une augmentation de graisses dans le sang appelées triglycérides associées à des risques accrus de maladies cardio-vasculaires, apparaissent au-delà de 50 g de fructose par jour.

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